15 de agosto de 2012

Marko et Tanja


MARKO  ET  TANJA
Eléments Fondamentaux - Du Feu
Alejandro Luque (2010)


Marko et Tanja se rencontrèrent dans une caravane lors d’une échappée nocturne, pendant l’une de ces nombreuses guerres anthropophages qui rongeaient l’ancienne Yougoslavie. Marko remorquait avec une corde un camion Dunlop sans roues. Il suivait avec soin les pas de son père, qui chargeait un matelas et différents ustensiles, tel une mule qu’il n’avait pas. Tanja et sa poupée voyageaient dans un charriot de supermarché, assises sur la montagne d’affaires qui habitaient sa maison. Une vielle femme ridée prématurément poussait le chariot, sa mère.
Il pleuvait du plomb. L’air avait une odeur de viande brûlée, de sulfure de violence décharnée. Marko s’approcha et offrit à Tanja, de manière docile et déterminée, le coffre du camion pour emmener sa poupée. Tanja décida de descendre de sa montagne ambulante et accepta l’invitation. A ce moment là, un vent inespéré balaya les odeurs nauséabondes et laissa place à un ciel étoilé. Ensemble, ils s’arrêtèrent pour observer ce spectacle qu’ils n’oublieront jamais.
La vie d’immigrés fit que leurs parents s’installèrent dans le même camp de réfugiés. Avec le temps et les migrations les enfants devinrent inséparables et adolescents. A cette époque ils se promirent l’éternité. Et quand ils parlaient de l’éternité, ils cherchaient le ciel dégagé et savouraient  les étoiles qui étaient toujours, selon eux, à leur place. Toutes les deux saisons le pays s’atomisait encore plus, et l’intolérance du gouvernement de tour anéantissait les corps et les convictions. Marko et Tanja commençaient à connaitre les recoins de leurs peaux et à vivre sans s’enfermer leurs convictions.
Ce fut à cette époque que Blivic, propriétaire d’un cirque itinérant du Nord, leur proposa de le suivre et les embaucha pour s’occuper de deux éléphants anorexiques et un lion albinos et édenté. Avec le temps et le parcours, Marko devint le protagoniste du numéro de l’homme-canon. Tanja, déployant sa beauté si mystérieuse des Balkans, commença à accompagner le magicien Uridiel, le mystique derviche exilé de l’Arménie épuisée aussi par d’autres conflits.
Les dernières années ils vécurent leur amour dans une vielle caravane qui était installée près de la tente des éléphants. Avant chaque fonction, Marko vérifiait le dispositif  de la navette et les harnais, et s’assurait que les feux d’artifice étaient placés correctement. De son côté, Tanja révisait avec Uridiel les mouvements inextricables dans la caisse noire d’où elle disparaissait chaque soir face à la stupeur du public.
De l’une des capitales du puzzle politique arrivèrent un jour des informations de nouvelles razzias destructives. Uridiel annonça sa fuite vers l’ouest et Blivic anticipa un changement de carrière. Pendant la dernière représentation, un vendredi soir, ciel dégagé, Tanja entra dans le coffre, Uridiel fit ses tours de magie…et elle disparut. Personne ne remarqua le visage préoccupé du magicien, qui devait improviser une fin sommaire à son numéro. Peu de temps après, Marko sortit, expulsé du canon vers les étoiles. Il y eut comme toujours, un chœur d’applaudissements et de rires, tandis que les deux clowns et le nain retiraient perplexes de la scène le canon encore fumant.
Blivic longea l’Adriatique et ouvrit un théâtre de marionnette à Athènes. Il céda son cirque à un marchand turc qui le transforma en une buvette mobile, et dit avoir vendu les bêtes pour des raisons prophylactiques. Les animaux auraient sans doute donné une autre version. Uridiel atteignit la mort promise dans une déviation qui le conduisit directement à la frontière arménienne. Tandis que Marko et Tanja… continuent cachés derrière les étoiles.

Traduction : Aline Benchemhoun
Elementos básicos : ISBM 9789870243991 

8 de agosto de 2012

Dilués


DILUÉS
Eléments Fondamentaux - De l'Eau
Alejandro Luque (2010)

La première pluie torrentielle de juin s’était déchargée sur la ville, et dans cette impasse perdue près de la rive, personne n’entendit le coup de feu ni le cri de douleur.
Ses yeux s’ouvrirent d’abord dans l’immensité de l’aube avec un étonnement néanmoins attendu. Puis ils sortirent de leur orbite en cherchant un brin de lueur. Des pieds improvisèrent une course écervelée que le rideau d’eau engloutit quelques mètres après. Les mains tentèrent en vain de soutenir le ventre violenté pendant que le corps s’effondrait juste à côté de l’égout. Il n’y eut pas le temps de l’interroger que son regard se figea pour toujours. Comme un lavage inclément et incontrôlable, le sang qui jaillissait de l’orifice mortel de la blessure se dilua avec l’eau, et le mélange convulsé de carmin commença à se filtrer à travers la plaque d’égout.
Dans l’obscurité des conduits souterrains les premières gouttes avaient attiré un bataillon de rats aveuglés qui cherchaient nourriture et refuge. L’horde irrépressible agita moustaches et queues à mesure qu’elle s’approchait de la source olfactive qui la guidait.  Ce qui s’échappa des mille langues bavantes dissolues arriva jusqu’au circuit de canalisation. Là, le plasma et les leucocytes s’entremêlèrent aux millions de larmes que d’habitude s’échappent chaque nuit par les orifices des salles de bains et des cuisines. Il y eut une étincelle, une brève reconnaissance du sang au contact de l’eau, peut être une sorte de mémoire capricieuse espérant unir les éléments de la mixture, ou serait-ce seulement l’obscurité familière de l’égout éclaboussée par les reflets de l’orage électrique qui arrivât à se filtrer à travers les plaques d’égouts. Mais le torrent de l’écoulement ne donna guère davantage de temps au mélange qui continua sa constante avancée.
Du carmin initial  il ne restait que l’identité microscopique se dissimulant dans les veines les plus abjectes de la ville. A la hauteur d’un recoin central, la pluie déchargea sur les cours d’eaux souterrains un ramassis de papiers et des dizaines de mégots de cigarette. Durant un moment tout flotta dans un coin tel un groupe de naufragés résignés ; puis l’ensemble gagna de la vitesse et se dispersa. La moitié d’une photographie dépouillée que quelqu’un aurait abandonnée quelque part s’immergea, s’anéantit dans le flux agité pour danser son dernier pas de cygne mort. L’égout suivant, une lettre d’adieu se déplia telle un voile d’oubli  qui vomissait sa teinte délébile et torturée de nuages gris dans la tentative de corrompre les composants même du carmin primaire. Mais la persistance de l’eau, libre, telle le temps inclément, saisit tout sur son passage.
Le déchet termina son chemin imparable quelques kilomètres à l’est de la ville, où s’étend le trou occulte de la civilité, dont les effluves nauséabondes tout le monde ignore : ce fleuve ouvert, encore plus grand que la ville, qui accueille sans protester les miasmes brassés de ses habitants anonymes.
Il ne remarqua pas que ce que le versant apportait juste sous ses pieds, l’unissait avec le corps qui, par sa faute, gisait inerte à côté d’un égout perdu près de la rive. Il ne pouvait pas l’imaginer dans ces moments, dressé au bord de l’égout, ni même ne pouvait se permettre de vivre pour y tenter. Il avait déjà tiré par désespoir amoureux, et pour les mêmes déraisons il allait maintenant le refaire.
La pluie tut le second bang précis de la nuit et accompagna le plongeon dans le fleuve. Puis l’univers termina de se mélanger dans ce lieu indifférent où l’eau rinçe et garde tous les secrets.
             Il s’arrêta de pleuvoir et le soleil se leva vers l’est.

Traduction : Aline Benchemhoun
Elementos básicos : ISBM 9789870243991

1 de mayo de 2012

1ro De Mayo, Día Internacional Del Trabajdor



Imagen de la revuelta del 4 de mayo de 1886 publicada por el entonces diario Harper’s Weekly

1ro. de Mayo, día internacional del trabajador
Alejandro Luque


En la segunda mitad del siglo 19, Estados Unidos venía de dar los primeros pasos en la carrera de la revolución industrial. Los desocupados del campo y mano obrera extranjera afluían a las grandes ciudades en verdaderos contingentes que terminaban hacinados en las villas de las periferias. La mayor parte de la población trabajaba en condiciones de insalubridad entre 12 y 14 horas diarias, muchos incluso 18 horas. Las mujeres y los niños ganaban menos de la mitad que los hombres y toda la masa obrera, fuertemente reprimida y desconsiderada, tenía salarios miserables. 

Las protestas iban in crescendo con la demanda principal de que se estableciera la jornada laboral de 8 horas (la equilibrada consigna de “8 horas de trabajo, 8 horas para dormir y 8 horas para la casa”). Frente a un ultimátum de huelga general propuesto por uno de los sindicatos de obreros, el entonces presidente Andrew Johnson promulgó una tímida ley que reducía el tiempo de trabajo a 8 horas pero que no fue adoptada por todos los estados. En Chicago, bastión de todos los excesos de explotación humana, importantes manifestaciones de protesta que incluían izquierdistas y derechistas comenzaron el 1 de mayo de 1886 y una masa importante de obreros se declaró en huelga. Hubo enfrentamientos entre los huelguistas y los rompehuelgas que mantenían la producción de varias fábricas en los que la policía reprimió a muerte. 

Pero fue el 4 de mayo, luego de una concentración oficial y pacífica llevada a cabo en el parque Haymarket, que la policía decidió desalojar del sitio a los manifestantes. Entonces alguien tiró un explosivo y la policía se desbocó abriendo fuego a mansalva sobre la muchedumbre. El número de víctimas mortales y heridos después de esta masacre nunca se conoció oficialmente. La represión inmediata posterior (estado de sitio, toque de queda, allanamientos, abusos y torturas) fue apoyada por la prensa, en general antianarquista y anticomunista. 

Unos meses después, en un proceso fuera de las normas jurídicas y en ausencia de pruebas, 8 manifestantes “libertarios” fueron declarados culpables de incitación a la violencia y de infringir el orden establecido, 2 a cadena perpetua, 1 a 15 años de trabajos forzados y los 5 restantes condenados a la horca. Los condenados eran activistas anarquistas, 5 de ellos alemanes, 1 inglés y 2 estadounidenses; 3 eran periodistas, 2 tipógrafos, 1 carpintero, 1 pastor y 1 vendedor. 

En 1889, durante el Congreso Socialista Obrero de la Segunda Internacional en París, se estableció el 1° de mayo como día de lucha reivindicativa del trabajador en homenaje a los Mártires de Chicago. Desde entonces el día es celebrado en muchos países, salvo en Estados Unidos, Reino Unido y Andorra.    

27 de abril de 2012

(Libre)

Foto del biologuero

(Libre)
Alejandro Luque


Faltaba eso en este domingo intrascendente y destemplado: salir desabrigado a la calle para comprar fasos, atravesar el semáforo en rojo al pedo, levantar la vista a la altura del kiosco a punto de cerrar y cruzarnos. El lenguaje urbano se encargó de los imponderables, y el desorden de mi departamento de arrinconarnos en la zona franca. Nos convidamos los sexos en un silencio ceremonial que barrió en un segundo todo el frío, convencidos de que nuestros cuerpos necesitaban eso y ninguna otra cosa. Destiempo previsible y satisfacción lograda. Cigarrillos, ducha, forro a la basura, y una cerveza cortada con un CD de Piazzola. Enseguida aparecieron como por arte de magia los bollos de la ropa con la que volvimos a disfrazarnos de ciudadanos, y desde la cornisa del aborrecible lunes en ciernes nos despegamos de nuestro desconocimiento mutuo en una posibilidad tan indefinida como necesariamente vacía.

La Mujer De La Derecha



La mujer de la derecha

Alejandro Luque

¿Es tu voz ese boomerang que vuelve para impactarme en el medio de la llaga, o simplemente es que me olvidé de tomar el bupropión? Porque convengamos que después de tanto tiempo, de tanto insomnio y terapeutas con esa cara de nada que firman recetas, guardan el cheque de la consulta y ya te reservan turno para la siguiente, escuchar tu voz en la ducha o al otro lado de la puerta me perturba, me confunde. ¿Sos realmente vos o es que acabo de retroceder diez casilleros en este estanciero ridículo de la vida en el que el loco más furioso es el que tiene más y termina ganado todos los terrenos? 

No podés ser vos, no. Ni siquiera sabés dónde vivo, como tampoco sabés cómo me las he arreglado para vivir hasta hoy. No sabrías volver sobre tus pasos porque al irte borraste tus propias huellas. Desaparecí de tu vida porque hiciste ese pase mágico de nada por aquí, nada por allá, y simplemente dejé de estar en tu cotidiano, en tus proyectos; dejé de formar parte del café negro y bien cargado de las mañanas rutinarias que te atormentaban y del beso en el ascensor, mirándonos al espejo que tenía dos manchas ahí. Pluf y no estuve más. Y seguiste tu camino, tan libre que ni siquiera yo sé dónde estás ahora, por eso que no es tu voz ni estás al otro lado de la puerta, golpeando y llamándome con ese nombre que hace años nadie usa. Ese nombre que encendía nuestra intimidad porque era un llamado a la guerra sucia que más nos gustaba, ese nombre que respondía a otro nombre, el tuyo, que aún vibra en las paredes e intenta convencerme de que volviste, de que estás ahí, al otro lado de la puerta. No podés ser vos, no. Nunca tuviste un buen olfato para orientarte. Acordate de aquella vez cuando te perdiste en el Reina Sofía y te encontré hecha un ovillo y casi llorando al pie del Guernica. Y aunque vos hayas insistido en que la lágrima abriendo tu mejilla izquierda te la había sacado el grito desencajado de la mujer de la derecha, yo supe entonces que sentirte perdida era demasiado para vos, para la seguridad de quien maneja todo, y que esa no era la primera lágrima. Lo verifiqué cuando te levanté con mis brazos y partimos de la gran sala sin que vos te dieras vuelta una sola vez para corroborar que aquella mujer sólo podría haber gritado tu desamparo. 

Así que no vengas con tus fantasmas de cuarta, intentando convencerme de que lograste retomar el camino que te trajo de nuevo a la puerta de mi pocilga. Y no insistas con el perfume de lilas que sabés es mi perdición. Sé que no lo fabrican desde hace años, porque Lancôme decidió que eran demasiadas lilas a portar por una sola mujer. No, no es tu perfume el que me está desesperando, sino mi falta de atención que últimamente olvida el bupropión porque sabe a metal, porque sabe al olvido necesario de eso que fui. Sí, no te rías, si ya sabés que soy de los que empañan su presente con los brillos que expiraron. ¿No lo dijiste vos una vez? “Sos un romántico empedernido y no tenés remedio”. Pero hay remedios, creéme, aunque tengan gusto a metal repetitivo, a regurgito estéril, aunque abomben y transformen las puertas y las paredes en muros aislantes a prueba de ruido y de calor y de ausencia. Y yo terminé siendo de los que necesitan tomar esos remedios para que las puertas y las paredes se queden quietas en su lugar. 

Así que no me vengas ahora con tu ectoplasma indolente, porque sabés que detesto los fantasmas burlones. Y no, no voy a levantarme para abrir la puerta y cometer el acto ridículo de comprobar que no estás del otro lado. Por que esa que escucho no es tu voz. Ni siquiera es la memoria de tu voz porque pasó mucho tiempo y ya cambié cuatro veces de analista. Y tampoco me importa que ahora intentes convencerme con tus azules profundos que me deliraban, porque aprendí en todo este tiempo las ventajas del verde y lo conveniente de los marrones. No, no es que me haya olvidado del azul, es que también tuve que lograr ponerlo en su lugar. El mundo sin vos se había vuelto pálido y sin relieves, así que me ensañaron a pintar con los ojos, a cambiarle el tono a mi universo. Al principio fue duro, sí, porque vos sabés que nunca fui muy ducho con las amalgamas y los degradés. Pero al final logré convencerme de que más vale usar la paleta de la imaginación que pasarse semanas en la tela del insomnio. Sí, no poder dormir. Entonces entendés de lo que te estoy hablando: afortunadamente existe el bupropión. 

No me pidas que ponga en el equipo de audio ese tema que sabés me va a hacer mal. ¿Por qué querés escucharlo ahora? Ya sé, es muy fuerte, es nuestro. Me parece estar viéndote en aquel boliche perdido del barrio del Pilar, cuando te estaba mostrando los rincones de Madrid y sus tapas y sus noches interminables y ruidosas. Vos te pusiste a bailar sólo para mí ese tema que le pedimos al DJ. Escuchá, escuchá. No. No hables ahora por favor. No vengas a arruinarlo todo con tu piel, que sabés pertinentemente que me descontrola. No digas nada y bailemos, pero no quieras engañarme. Estoy cansado de engaños, de intentos, de esfuerzos enciclopédicos por dejar de ser una larva que se cubre de musgo y de líquenes mientras los inviernos me arrecian. Sh. Escuchá. 

Esperá. No deshagas la cama todavía. Todavía no. Permitime el encanto de la colcha estirada y ufana que nos vuelve a recibir sin tiempo ni reproches. Así, acurrucados en la misma calma que solía abrigarnos de la inclemencia de nuestras individualidades. Así, enredados. Y por favor, no sigas golpeando a mi puerta. Ya sabés que está bien cerrada y que no tengo más la llave que la abre. Te queda tan bien tu vestido azul y tu voz tan tuya. No te rías así. Bueno, no importa. Ya sé que los fantasmas no pueden reír. Quedémonos así. Dejá tranquila esa puerta de una vez. Y no te preocupes que te dejo sobre la mesita de luz la última pastilla de bupropión. Seguro que te va a hacer bien aunque no seas vos.

1 de noviembre de 2011

Suite Francesa


Suite francesa

Alejandro Luque

Estoy enamorado. Lo oculto, me lo oculto (aunque no lo termine de lograr) para no sangrar. Se sangra por amor si es unilateral o cuando –aún bilateral– no se ha realizado. Pero soy más débil de lo que puedo pretender, entonces devengo enamorado. Vamos a cenar a un restaurante; elijo yo esta vez aunque no sea local (¡lejos de serlo!) y nos metemos en La Bodega, bucólico bar-minutas español en pleno centro de la provinciana Burdeos. Una mujer colorida de harapos se acerca a nuestra mesa y nos ofrece rosas. Imposible reprimir mi nature de romántico empedernido, así que ofrezco una rosa blanca a quien amo que en su francesísima forma se conmueve y me regala unos diez mil besos en sus diferentes declinaciones. Entre frutos del mar y pimientos rellenos nos sentimos colmados –yo la siento sin duda, yo me siento sin duda– y hay que salir del lugar porque ya absorbimos todo el clima que ofrece. Caminamos por calles llenas de cosas y de gentes que no vemos, pero que cobran el brillo de ser únicas por contenernos en este momento. Digo esto porque nos lo confesamos en el código de las miradas. Digo esto porque estoy enamorado. Subimos a su departamento como otras veces, pero esta vez yo estoy enamorado. Ella me regala otros diez mil besos que correspondo vehemente como soy, y nos acercamos al equipo de audio para invitarlo. Primero es U2, selección estricta de One, luego el resto del CD. Hay risas y sonrisas y ese tipo de quejidos de elefante cuando dos cuerpos se reencuentran y se dicen gracias por estar conteniéndose. Hay torpezas obvias, sobre todo porque yo estoy enamorado. La rosa blanca sale de su celofán y comienza a sorber agua de una copa de champagne. Me dejo desnudar mientras mis manos deshacen la civilidad su cuerpo. Es como otras noches, solo que esta vez yo estoy enamorado; o sea que es tan distinto que me parece la primera vez. De pronto (y no se cómo se las arregló el invitado), Piazzola comienza a amasar su bandoneón en el equipo y así nos encontramos en el cobijo indescriptible de las sábanas (Mi querido Julio seguramente encontraría la más bella descripción). Los elefantes invaden la habitación pero no hay temor por una estampida. Las pieles se humeden y las topologías recónditas imponen sus respectivas demandas. Mano contra mano como encastre. Vientre contra vientre como molde. Cuello contra cuello como troquel. Planta del pie que recorre ese circuito deportivo de las piernas que se dejan recorrer y se transforman en autorrutas fértiles y suavísimas. Los sexos entregados y dispuestos. Las bocas que fabrican jugos y sabores inimaginables y que se vierten inclementes sobre todas las superficies nunca del todo descubiertas. Bocas incendiarias sin tapujos ni territorios vedados en su requisa. Ella se deja descender a los infiernos, se expone al fuego firme y me rescata al borde de las llamas: yo me dejo rescatar porque estoy enamorado. Y  nos reencontramos en la superficie de mis labios, allí, en la cabeza que intenta definir las emociones en una ecuación cuadrática (aunque a la fecha esta cabeza no sepa definir qué es la raíz cuadrada de dos). Hay una necesidad imperiosa de complementarse en el seno de la manada de elefantes que no dejan de aturdirnos con sus quejidos dulcísimos. Las sábanas se vuelven demasiado pesadas para nuestras pieles. Yo pronuncio las palabras mágicas que no puedo reprimir un solo momento más y las puertas del paraíso se abren. Tomo la real conciencia de que estoy enamorado pero no hay plástico o látex o forros o condones (torpeza descubierta a último momento): solo la imperiosa necesidad del placer desnudo de artilugios. Y entonces no, y es entonces ahora mi boca la que desciende los valles exuberantes y explora el mapa aterciopelado la que llega al frondoso territorio de los sueños donde toma el lugar de mi sexo y que se las rebusca para multiplicar más elefantes. Mi boca limitada a mi lengua limitada a mis labios limitados a los suyos que sólo quiere retribuir el amor que siento con el placer más intenso que se pueda otorgar, porque estoy enamorado. Y en el cenit del pasar de los elefantes que ya son millones, y en la emoción de Don Astor que decide llorar a su Nonino, y en su vientre que convulsiona el placer, yo me derramo sin quererlo en rugiente compañía. Mi cuerpo asciende hasta encontrase con sus ojos, con su nariz, con sus labios que hablan y que siguen liberando más y más elefantes. El tempo entonces se vuelve adagio con la Milonga en Re. El sudor de las pieles se homologa y las temperaturas se hermanan. Llamamos a las sábanas. Un elefante perdido flota unos segundos sobre nuestros cuerpos y nos reúne en el calor de regocijarse luego de. Estoy enamorado e intento ocultarlo porque aún me quedan cinco días de espera antes de conocer el resultado del obligado análisis anti-HIV.


27 de agosto de 2011

LOS MENDIGOS




Los mendigos
Alejandro Luque

Emundo había cambiado profundamente. Las especulaciones en las bolsas del mundo habían logrado enriquecer a unos pocos sin hacer nada, pero al fin el débito pudo con todos: tanta deuda se había creado para satisfacer el ansia de tener, de poseer, de más y más, que el mismo sistema terminó dando una convulsión y se cayó, sin penas ni gloria. Todos pensamos entonces que el tan mentado fin del mundo había llegado, sobre todo porque el último estertor del sistema económico global aconteció a fines de 2012, cuando las reservas en oro de los estados más poderosos anunciaron su colapso y su incapacidad de hacer frente a tanto dinero inexistente.

Y dejamos de consumir. Las industrias y los grandes transportes cayeron como castillos de cartas. El hambre nos tocó a todos y ahí nos dimos cuenta del horror que habían sufrido aquellos desheredados de África que se morían como moscas en campos de refugiados. Al mismo tiempo desapareció la novedad inmediata, el capricho de las noticias en tiempo real que supo desinformarnos durante décadas. Los políticos y gerentes de las soberanías se esfumaron en el silencio, y todos supimos entonces que nunca estuvieron preparados para la adversidad de sus posiciones. El poco petróleo que quedaba en las tripas del planeta descansaba finalmente en paz a falta de combustible y operarios, y el hombre lobo que todos esperábamos (ése que nos habían convencido las incontables series norteamericanas de anticipación que habría de surgir) nunca se manifestó. Unos menos mal que otros, todos estábamos expectantes de que algo pasara, como siempre.

Pero nada pasó, excepto que el hambre y la necesidad nos azotaron como un mazazo en nuestras cabezas. Con el paso de las semanas y los meses intentamos organizarnos sobre las bases conocidas, pero a cada organización sobrevenía de forma ineluctable el fracaso. Nuestras diferencias y capacidades de aceptación se hicieron cada vez más infranqueables. De hecho, y diría que como único acuerdo posible, cada vez que algún líder se manifestaba una horda de arengados espontáneos se encargaba de eliminarlo, de enrazarlo. Las familias se separaban ya no por falta de sentimientos sino por necesidad de sobrevivir. Y esa supervivencia no respetaba ni religiones ni morales heredadas. En poco tiempo comenzamos a darnos cuenta de que la trillada idea de juntos somos más fuertes era una excusa más de quienes pretenden controlarnos para contenernos en la adversidad que se retroalimenta. Abandonamos los dioses justicieros y prometedores que mucho tenían que ver con la hecatombe. Dejamos de creer en promesas que no tuvieran una factura inmediata. De hecho, dejamos de creer en el futuro porque nos dimos cuenta de que no existía.

El tiempo del reloj también nos había abandonado. Todo se convirtió en día y noche, frío o calor, sequedad o lluvias. Y no es que no hiciéramos nada; al contrario, ese tiempo de horas y minutos que tanto solíamos contar y que ya no existía se había convertido en espacio y energía que debíamos saber aprovechar de forma vital. Si era tarde para muchas cosas, la tardanza y la espera dejaron de tener sentido. Las inmediateces que tanto nos habían dividido y diversificado, por las que habíamos perdido nuestras almas, dejaron lugar a los intervalos de posibilidad sin obstáculos. No obstante tuvimos que reaprender el valor del tiempo real, fuimos obligados a escuchar los relojes internos y a leer las agujas de la naturaleza que nos resultó más que nunca extraña e incomprensible… pero también intransigente. Si bien se nos había acabado la vieja necedad, tuvimos que aprender a someternos a las leyes del tiempo que no le pertenecen a nadie.     

Dejamos de leer porque a la luz había que utilizarla para subsistir, y en la oscuridad que nos abrigaba descansábamos. Abandonamos el romanticismo por praxis y nos volvimos lo que siempre fuimos en el fondo: solitarios que comparten por un instante sus soledades para seguir el camino. Volvimos a estirar el cuello para asombrarnos de las estrellas, pero esta vez no les adjudicamos nombres ni formas que las unieran. Tampoco dejamos que otra abstracción les quitara sus realidades incomprensibles. Dejamos que nos llovieran y arreciaran todas las inclemencias del planeta, y nos permitimos que el aliento de progresar nos abandonara. No volvimos a enterrar a nuestros muertos porque aprendimos que sus cuerpos no nos pertenecían; de hecho, dejaron de ser nuestros.

Nos volvimos muy austeros con la palabra. No hacía falta comentar lo que veíamos del otro y lo otro frente a nuestros ojos. Sin volvernos las bestias que seguramente éramos en el fondo, nos permitíamos el roce, la caricia simple, el hombro desnudo, y la piel así de simple. El abuso, como idea y concepto, desaparecieron. También las falsas diferencias que siempre pretendieron enmarcar nuestros géneros. Estábamos todos solos por igual. Estábamos todos abandonados por igual. Nos habíamos abandonado hacía mucho tiempo con mentiras y justificaciones. Habíamos perdido mucho el tiempo que hubiese posibilitado reunirnos e igualarnos. Pero ya era tarde para volver atrás.

Aprendimos a cazar y a cosechar para alimentarnos. La naturaleza cobró para nosotros un respeto que habíamos perdido y huimos de las corazas que supimos prodigarle. Nos convertimos en presa y predador en términos iguales y logramos un equilibrio impensado tiempo atrás. Perdimos nuestros egos como se pierden los dientes de leche: uno a uno e inexorablemente. Abandonamos esa pretensión de domar el fuego y nos sometimos a la voluntad de los elementos.

En realidad, cuando lo pienso en función de la vida que llevábamos antes, nos veo como mendigos, seres humanos sin techo y sin futuro, sin asistencia y sin poder contar con nadie, esparcidos en los nichos que quedaron y avasallados por una realidad que nos sobrepasa. Hay entre nosotros aquellos que se recuestan en un rincón y allí se quedan. Hay otros que no dejan de errar como fantasmas por los mismos lugares. Hay muchos que desaparecen sin que nadie sepa cómo o por qué, y hay resto que subsiste a su manera.

Y aquí y ahora estoy yo, revolviendo desesperado algo así como un tacho de basura, un agujero olvidado. Un espacio de cemento que hace tiempo el rigor salvaje de las hiedras y los eucaliptos comenzara a desgranar. Un símbolo del olvido inexorable que huele a papel y a tinta y que me recuerda lo mejor de otra época, lo mejor de mí, lo mejor que ha perdido el hombre: la lectura.  

OBLIVION

"Obelisco at nigh" foto de Frans Swaalf

oblivion
Alejandro luque


tránsito mental de buenos aires hora cero y humedad cien por ciento cuando los semáforos en la aturdidora cabezaciudad funcionan tan al pedo correctamente
que uno tiene la sensación de estar en la ciudadcabeza ideal

el ruido fií­zzzzzz de los neumáticos sobre el asfalto
satinados por los slaloms surrealistas entre los baches

pararse en una esquina y observar cómo algún perdido
vaya uno a saber con qué destino e intención
toma la próxima a la derecha y pone el guiño
después de haber girado

su ruta y nada importa

levantar la cabeza y desconocer las constelaciones
a través de los destellos desdibujados por la lluvia
esa sensación de estar presenciando
tal vez
la gran escena de la vida con la sola certeza de saberse empapado

ser tan poca cosa en medio de cualquier metrópolis y
sin embargo
osar hacerse la pelí­cula en la que uno es el único protagonista
y aún así­ disfrutarse como si fuera un logro trascendental

lastima bandoneón mi corazón

pero aquí­ se está, empapado de buenos aires y de ausencia
y eso es mucho
es la herida abierta
un desangrarse maravilloso

por eso se le cae a uno una pajera lágrima en la mejilla
que se mezcla con el chorro que tributa desde la frente

y en ese momento
el tipo se da cuenta de que existe un atlántico inexorable
entre su necesidad de estar sobre una nueve de julio y su diagonal
y su realidad de oblivion en una avenida encharcada de nombre impronunciable

9 de julio de 2011

CHANCE

Chance

En la madrugada de un bar perdido, alguien le había hablado de lo mágico que era el programa, pero también le había advertido de su peligro. El hombre, de quien no recordaba un sólo rasgo, le ofreció el estuche que contenía un DVD sin etiqueta y un par de anteojos oscuros. Sin pensar se lo guardó en un bolsillo y siguió bebiendo olvido.
   Salió a duras penas del bar con la ayuda de su mejor amigo, Julián, que había acudido a buscarlo luego de recibir un confuso SMS que delataba su estado. Cuando se despertó doce horas más tarde, se encontró semidesnudo y retorcido en el sofá del living de su casa. Todo estaba desordenado a su alrededor, y el aire, mezcla de tabaco rancio y sudor de abandono, supuraba moscas de tamaños diversos. Con esfuerzo se incorporó pero perdió el equilibrio. La cabeza le daba vueltas al ritmo del martillo que la azotaba y sentía en la boca el regurgito infecto de un hígado abatido. Se arrastró hasta la mesa. Se incorporó ayudándose con una de las sillas. Al lado de varios platos sucios en osado equilibrio pudo leer las líneas que le había dejado su amigo al dorso del volante de un grupo de terapia. Pablo, no podés seguir así. No puedo hacer de bombero cada madrugada. Necesitás ayuda para salir de esta escalada demencial. Nada volverá a ser como antes, lo sabés. Nada puede cambiar lo definitivo ni para vos ni para mí. Pero llamá a este número ya. Ellos sí podrán darte la mano que necesitás. Cuidate, por favor, J. Con un gesto impávido espantó una mosca que libaba indecente la última letra de la nota. Logró llegar al baño aferrándose a las paredes. Sin desvestirse se dejó masajear por la ducha hasta que no hubo más agua caliente.
   Se sintió despejado aunque infinitamente cansado. Con la ropa interior empapada hizo un bollo y lo tiró en un rincón. Cuando volvió al living, la absurdidad del silencio, la ausencia anudada desgarrándole el corazón como un bisturí en las manos de un enajenado, abofeteó su desnudez. Lo volvió a embargar aquella desesperación ahogante. Revolvió todo el departamento hasta encontrar debajo de un almohadón la botella de whisky que había abierto la noche anterior. Se la empinó como si fuera agua, y al bajar la vista vio el estuche en un rincón del sofá. Lo abrió, sacó los anteojos y apareció un cable con una ficha USB en el extremo. Como un autómata fue hasta su PC y lo desenterró del cúmulo de facturas impagas, resúmenes de internación y ropa sucia. Se sentó, encendió el ordenador y conectó el cable de los anteojos. Volvió a beber. Deslizó el DVD en el lector y obedeció la consigna que apareció en la pantalla:

Póngase los anteojos y pulse la tecla enter

   Una sensación como la de estar bajo una lluvia de partículas de plomo se expandió desde las sienes al resto del cuerpo. Enseguida apareció en el campo de visión la tierra, ese globo celeste flotando en una inmensidad oscura. En ese momento tuvo la sensación de que su cuerpo ya no estaba en el departamento sino en el espacio. Percibió como si una especie de dedo muy fino, preciso y delicado hurgara dentro de su cerebro. Algo lo lanzó hacia el planeta sumido en un vértigo que jamás había vivido. Vio la capa luminosa de la atmósfera hacerse cada vez más grande, penetró los primeros estratos sin quemarse y atravesó las nubes como si fueran un banco de neblina porosa. Sus ojos comenzaron a distinguir la región en la que vivía, la ciudad, el barrio de Julián. Y en la vereda, su propia humanidad acercándose entre tumbos al coche.

   Tanteo las llaves en el bolsillo, las saco y se me resbalan de los dedos. Me  niego a escuchar lo que dice el exagerado de Julián. Me agacho y las recojo, no sin antes darme la cabeza contra la puerta del auto. No pasa nada, exclamo mientras me incorporo. Está todo bajo control. Es este llavero de morondanga que siempre hace lo que quiere. Subí, mi amor, que en media hora estamos en casa. Pablo, me dice ella, a mí me parece que, pero le corto la frase previsible con un gesto de furia. Entonces aparece el pesado de Julián que vuelve a repetirme eso de que no estoy en condiciones de conducir y que le dé las llaves. Lo mando a su puta madre, porque me harta con sus naní-nanás. A parte, ¿cómo se le ocurre pedirme las llaves de mi coche por una vez que me pongo alegre? Como si yo no supiera hasta dónde puedo y hasta dónde no. Dale, Ceci, subí que nos vamos. Pero el estúpido de Julián me arrebata el llavero y me dice que me lo devuelve si entramos a su casa y tomamos el café que preparó su mujer. Pablo, un café y después se van, me asegura. Pero por el tono entrecortado de su voz, por la expresión con la que primero mira a Ceci y luego a mí –como si yo fuera una legión que me precede–, por el brillo de alerta en sus ojos comprendo que me miente. Entonces me pongo como una fiera y me lanzo sobre él para recuperar las llaves. Caemos al piso y rodamos. Hay un flash, una chispa remota que desencadena algo en algún rincón del universo. En medio de la lucha empiezo a recordar lo que pasará después: la curva, el árbol, la sangre, los pedazos de mi familia desparramados en la banquina, y yo con heridas leves. Es cuando un cimbronazo violento me atraviesa de pies a cabeza y detiene mi pulsión. Me percato de la silueta de Cecilia junto al coche escudando en sus brazos a la nena y aferrándose con desesperación a un presente que depende sólo de mí; de mi puño a punto de descargarse sobre el rostro de Julián que me observa con terror de espaldas al suelo. Y desde un rincón del universo me dejo caer a un lado, rendido y borracho. Julián se levanta, se sacude la ropa y se mete el llavero en el bolsillo. Me ayuda a ponerme de pie y me conduce al interior de su casa. Ceci, con la nena en los brazos aún dormida, agradece sin decir una palabra y la recuesta en el sofá.

   Pablo se observa en la secuencia que proyectan los anteojos. Está rodeado de los suyos, tomando de a sorbos y en silencio el café de la chance. Nadie habla. Pero cuando la serenidad que ve en el rostro de su imagen comienza a irradiarle de calma el espíritu, siente un nuevo cosquilleo y un mensaje aparece frente a sus ojos:

¿Desea continuar o desconectarse del programa?
Atención, su decisión será irrevocable y definitiva,
y afectará el sentido de todas las cosas

            Continuar, responde. Continuar, repite. Continuar, implora. 

5 de julio de 2011

RAÍCES SUBTERRÁNEAS DE VC Y ALREDEDORES (I)

Primera entrega: Los archivos Recalde y Laterza (*)



“…También hay un hospital en Cosquín…”
“…ni bien tenga más noticias te vuelvo a escribir…”
“…el agua del río es calentita…”
“…vos también estás lejos…”
“…pero cada vez que leo tu carta me vuelve la confianza…”

Boquitas pintadas, Folletín de Manuel Puig



Abrir-último-correo-entrante
>Abriendo mensaje… >Terminado


De: w.yzabc@ippt.fcgc
Para: ade.ele@uni-libre.fcgc.nar
Asunto: Decod arch Recalde ult + factura
Fecha de envío: 11/07/15, 18:33:02
Fortaleza del Centro
IPPT- DEDERENUM


Estimado Doctor,
A continuación, y a su pedido, adjunto a este mensaje una trascripción fiel en formato texto de los últimos párrafos del memo vocal que Enrique Recalde dejara en el ho-Buzón de Martín Nguyen, editor del desaparecido diario La Estrella Federal de la exciudad autónoma, también último archivo según el registro del occiso. Los corchetes corresponden a frases o palabras incomprensibles. No quiero dejar de hacerle notar la mención clara que Recalde hace del “agujero sureste”, refiriéndose al antiguo pasaje utilizado por “los nativos”. Mi equipo de restauración numérica conviene que corresponde al décimo tercer párrafo vocal. Lamentablemente una gran parte de los archivos aún presentes en el rígido del pad del periodista parecen irrecuperables, pero considero que todas las pruebas que le he hecho llegar en estas dos semanas, sumadas a esta última, le permitirán confirmar sus sospechas: la explotación de lantánidos ya había dejado de funcionar bien antes de haberse declarado la epidemia en la región que usted investiga.

Adjunto también facturación s/detalle del monto debido por los servicios prestados, esperando su pronta cancelación.

Sin otro particular, lo saluda con sincera atención,

Lic. Walter X. Yeats-Zabece
IPPT - Inteligencia Privada Para Todos
Departamento de Decodificación y Restauración Numéricas
Fortaleza Autonómica De Gran Cimera

Abrir-adjunto-uno
>Decomprensión en curso del archivo… >Terminada.

10 [ ] que la curiosidad, en este caso, no quita lo valiente. Por eso decidí echarle un vistazo a los muy vigilados campos de explotación. Vale aclararte que mis contorsiones acrobáticas sobre los árboles te serán recordadas antes de asignar las bonificaciones de fin de año. Aquí van algunas fotos del amurallado y la entrada para que empiecen a jugar los chicos de maquetado y [ ] fuertemente armados que muestra el clip video.

11 Te imaginarás que tal vigilancia no es para menos con semejante cultivo organizado de coca. Ya leo la portada de La Estrella a todo color [risas]. Y mi nombre bien legible al final [más risas]. Este…Sí, volviendo al tema, fijate en esta sexta foto y a los tres minutos doce del clip que te acabo de mandar que los hangares se extienden casi hasta la colina sur, donde termina la pista de aterrizaje. Con el zoom de la última foto quise tomar lo que para mí es el famoso agujero que hicieron los explotadores norteamericanos. Espero que tus pibes puedan trabajarla para darle más nitidez, ya hay poca luz, pero me parece ver que la entrada está obstruida por rocas. Este… o sea que inaccesible, ¿se entendiende? Putamadre casi me caigo de esta magnolia de mierda, ¡aia! [ ] el zumbido de una avioneta que se acerca y de la 4X4 [ ].

12 [ ] cierro el pico y dejo correr la video-cámara a ver si logro captar lo que dicen [saturación por ruidos varios]. Miralo vos al cara de mosquita muerta de Ferrando. De este malandra te envié ayer el clip en cámara oculta de nuestra breve entrevista. ¿Viste la mansión en medio de ese pueblo fantasma? De no creer. Este… Bueno, necesito tocar tierra, esto no da para más. Sigo en el coche [fuerte saturación].

13 Este… necesito una ducha urgente y sacarme el tufo que exuda este pueblo y sus inmediaciones lo más rápido posible. Para terminar este reporte, así te mando esto enseguida, te resumo mis sospechas como te [ruido de papel]. Primero, la riqueza actual de este pueblucho no tiene nada que ver con las tierras raras. Segundo, este… sí. Si el mítico tesoro del primer linaje de los tehuelches-araucas existió, y según los datos que recabé para la investigación, éste se encuentra o se encontraba en las inmediaciones de la explotación de lantánidos, ya que tengo pruebas de que los nativos dejaron un sendero seguramente ritual, quizás mortuorio, que se pierde en la colina sur donde hace unos años se abrieran las galerías para la explotación de la cantera. Este… o sea el agujero al sureste que fotografié y filmé. Tercero, la zona es en la actualidad un sistema de cultivo de coca altamente tecnológico que maneja impunemente el dueño de Villa Cimera, enriquecido hasta los tuétanos. Quinto… este, no, cuarto: desconfío cada vez más de tu amiguita Rocío. No me recibió aún, y por lo que presumo [ ]

14 Me debés una buena cena en el Sofiá’s y por favor mandá noticias. Me preocupa que no hayas respondido a mi primer reporte. Demás está aclararte que la nota es MIA. Besitos, ya sabés dónde, a tu nueva scort-girl, y pasame los datos de la agencia de encuentros que en eso voy a utilizar mis merecidas bonificaciones una vez terminada la investigación que te ofrezco en fuente de oro [risas].

15 Fin-eme-eme-reporte… Enviar.

>¿Desea guardar el archivo “Recalde-vox-ult.dcxm”? Si – No – Anular
Sí.
>Guardando… >Archivo “Recalde-vox-ult.dcxm” guardado en carpeta “Tesoro Tehuelche-arauca conf”



Cerrar – abrir-nuevo-mensaje-Guillermo-Balaguer – escribir
>Cerrando mensaje… >Abriendo nuevo mensaje para gbalaguer… >Escuchando…



De: ade.ele@uni-libre.fcgc.nar
Para: gbalaguer@geobiz.fcgc.nar
Asunto: Canteras VC
Fecha de envío: 11/07/15, 23:03:17

Hola Guillermo coma-a-la-línea

Un mensaje corto y a las apuradas punto Salgo para el centro con la certeza de poseer las coordenadas exactas de la entrada a las catacumbas tehuelches que mencionaba tu viejo en sus delirios etílicos punto Te adjunto la factura del IPPT para que la honores a la brevedad punto Estoy muy excitado punto Confío en tu siempre fiel discreción punto En caso de problemas ya sabés dónde están todos mis documentos y últimas disposiciones punto Te tendré al tanto punto-a-la-línea

Un fuerte abrazo coma-a-la-línea
Antón firma


--
Antón de Lamia
Teólogo en Espeleología
Centro de Reunificación de Creencias y Cultura
Fortaleza Autonómica de Gran Cimera

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Leer-párrafo-4-5-6
>Buscando… >Leyendo

Además de acusar a mi padre y a la camándula que lo rodea con las pruebas que le remito gracias a la ayuda del difunto Ramón Ordóñez, también acuso a la gobernación cuya manifiesta inoperancia en la explotación de tierras de Villa Cimera deja en claro su solapada complicidad.

El hecho de que mi padre conociera y ocultara la información sobre las riquezas subterráneas de la región de Villa Cimera queda más que puesto en evidencia por la alocada adquisición de tierras con un fondo “non sanctum” organizado con el apoyo de sus secuaces. Los mismos que se encuentran al origen de la muerte de Ramón Ordoñez, quien conocía los pormenores que se desarrollaban en la municipalidad con la venia del destacamento policial.

Es más: yo misma he frecuentado las inmediaciones al sur de las tierras en conflicto a pocos kilómetros de Villa Cimera y he podido constatar vestigios innegables de antiguas explotaciones o excavaciones trogloditas que penetran la tierra y que se encuentran repletas de materiales que juzgo como indefectiblemente valiosos para la indigente gobernación y para la cultura de la nación, en general.



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